Comment le cerveau range-t-il un souvenir pendant le sommeil ?
Que fait le cerveau d'un souvenir pendant une nuit ?
Cerveau vu en coupe, de profil, simplifié. Les ondes sont dessinées pour être vues : leurs vitesses et leurs tailles ne sont pas à l'échelle (une ondulation est en réalité environ 10 fois plus rapide qu'un fuseau).
La nuit en texte, et d'où viennent ces chiffres
Le souvenir quitte-t-il l'hippocampe avec le temps ?
Courbes : allure seulement. L'étude donne le sens des changements, pas ces hauteurs ; les jours sont placés sans échelle.
Nuit après nuit en texte, et d'où viennent ces chiffres
Le sommeil paradoxal sert-il aussi à la mémoire ?
Nuit type dessinée à la main, pas un enregistrement. Les cycles de la nuit sont expliqués sur la page « Que se passe-t-il dans le corps pendant le sommeil ? ».
Le sommeil paradoxal en texte, et d'où viennent ces chiffres
Que mesurent les études qui comparent sommeil et mémoire ?
Les études en texte, et ce que valent ces chiffres
Questions fréquentes sur le sommeil et la mémoire
Une sieste aide-t-elle à retenir ?
Les études réunies ne montrent pas d'effet net sur la mémoire seule : sur 11 études et 381 personnes, la sieste courte améliore un peu l'ensemble des tests de réflexion, mais pas nettement la mémoire (Dutheil et al., 2021). Dans une étude par IRM, plus la sieste contenait de sommeil lent profond, mieux les images apprises avant étaient reconnues (Takashima et al., 2006).
Que se passe-t-il si l'on ne dort pas après avoir appris ?
On retient un peu moins bien. Si l'on compare une personne qui a dormi après avoir appris et une qui a passé la nuit blanche, la première retient mieux 58 fois sur 100. Une nuit blanche avant d'apprendre pèse plus lourd : 67 fois sur 100, car le cerveau enregistre moins bien (Newbury et al., 2021, notre calcul).
Le sommeil paradoxal sert-il à la mémoire ?
Ce n'est pas tranché. La fin de nuit, riche en paradoxal, aide à retenir un geste (Plihal et Born, 1997), et chez la souris le rythme thêta du paradoxal compte (Boyce et al., 2016). Mais chez l'humain, réduire le paradoxal avec un antidépresseur n'abîme pas la mémoire (Rasch et al., 2009).
Peut-on renforcer un souvenir pendant le sommeil ?
Oui, un peu, en laboratoire : un son entendu pendant l'apprentissage, rejoué pendant le sommeil lent, améliore un peu le souvenir de ce qui allait avec : la personne qui réentend le son retient mieux 58 fois sur 100. Pendant le paradoxal ou l'éveil, pas d'effet (Hu et al., 2020). Il s'agit de réactiver un souvenir déjà appris.
Le cerveau rejoue-t-il vraiment la journée ?
Chez le rat, oui : les neurones de l'hippocampe actifs ensemble pendant une exploration se rallument ensemble dans le sommeil lent qui suit, en accéléré (Wilson et McNaughton, 1994 ; Rasch et Born, 2013). Chez l'humain, on le voit de façon indirecte, par les ondes enregistrées et l'imagerie.
À voir aussi
Comment les neurones communiquent-ils entre eux ? Que se passe-t-il dans le corps pendant le sommeil ? Que fait une nuit blanche au cerveau ?
Sources
- Rasch B, Born J. About sleep's role in memory. Physiological Reviews, 2013. doi:10.1152/physrev.00032.2012
- Buzsáki G. Hippocampal sharp wave-ripple : a cognitive biomarker for episodic memory and planning. Hippocampus, 2015. doi:10.1002/hipo.22488
- Wilson MA, McNaughton BL. Reactivation of hippocampal ensemble memories during sleep. Science, 1994. doi:10.1126/science.8036517
- Girardeau G et al. Selective suppression of hippocampal ripples impairs spatial memory. Nature Neuroscience, 2009. doi:10.1038/nn.2384
- Staresina BP et al. Hierarchical nesting of slow oscillations, spindles and ripples in the human hippocampus during sleep. Nature Neuroscience, 2015. doi:10.1038/nn.4119
- Ngo HVV et al. Auditory closed-loop stimulation of the sleep slow oscillation enhances memory. Neuron, 2013. doi:10.1016/j.neuron.2013.03.006
- Gais S et al. Learning-dependent increases in sleep spindle density. Journal of Neuroscience, 2002. doi:10.1523/JNEUROSCI.22-15-06830.2002
- McClelland JL, McNaughton BL, O'Reilly RC. Why there are complementary learning systems in the hippocampus and neocortex. Psychological Review, 1995. doi:10.1037/0033-295X.102.3.419
- Takashima A et al. Declarative memory consolidation in humans : a prospective functional magnetic resonance imaging study. PNAS, 2006. doi:10.1073/pnas.0507774103
- Kim JJ, Fanselow MS. Modality-specific retrograde amnesia of fear. Science, 1992. doi:10.1126/science.1585183
- Squire LR, Genzel L, Wixted JT, Morris RG. Memory consolidation. Cold Spring Harbor Perspectives in Biology, 2015. PMC4526749
- Plihal W, Born J. Effects of early and late nocturnal sleep on declarative and procedural memory. Journal of Cognitive Neuroscience, 1997. doi:10.1162/jocn.1997.9.4.534
- Boyce R et al. Causal evidence for the role of REM sleep theta rhythm in contextual memory consolidation. Science, 2016. doi:10.1126/science.aad5252
- Rasch B et al. Pharmacological REM sleep suppression paradoxically improves rather than impairs skill memory. Nature Neuroscience, 2009. doi:10.1038/nn.2206
- Newbury CR, Crowley R, Rastle K, Tamminen J. Sleep deprivation and memory : meta-analytic reviews of studies on sleep deprivation before and after learning. Psychological Bulletin, 2021. doi:10.1037/bul0000348
- Hu X, Cheng LY, Chiu MH, Paller KA. Promoting memory consolidation during sleep : a meta-analysis of targeted memory reactivation. Psychological Bulletin, 2020. doi:10.1037/bul0000223
- McGraw KO, Wong SP. A common language effect size statistic. Psychological Bulletin, 1992. doi:10.1037/0033-2909.111.2.361
- Dutheil F et al. Effects of a short daytime nap on the cognitive performance : a systematic review and meta-analysis. International Journal of Environmental Research and Public Health, 2021. doi:10.3390/ijerph181910212
Vrai ou faux ?
Un souvenir reste toute la vie dans l'hippocampe.
Faux. Avec le temps, le rappel s'appuie moins sur l'hippocampe et plus sur le cortex (Takashima et al., 2006). Chez le rat, abîmer l'hippocampe 7 à 28 jours après l'apprentissage n'efface plus le souvenir (Kim et Fanselow, 1992). Une autre théorie pense que les souvenirs très détaillés en dépendent toujours (Squire et al., 2015).
Sans sommeil paradoxal, on ne retient plus rien.
Faux. Des hommes dont le sommeil paradoxal était réduit par un antidépresseur retenaient aussi bien les mots et les gestes (Rasch et al., 2009). Son rôle exact reste discuté.
Une nuit blanche avant d'apprendre gêne plus la mémoire qu'une nuit blanche après.
Vrai. Dans les études réunies, la personne qui a dormi retient mieux 67 fois sur 100 quand la nuit blanche vient avant d'apprendre, contre 58 fois sur 100 quand elle vient après (Newbury et al., 2021, notre calcul).
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Metabolive. « Comment le sommeil range-t-il les souvenirs ? ». Mis à jour le 2 novembre 2026. https://metabolive.com/fr/cerveau/souvenir-sommeil.