Pourquoi bâille-t-on ?
On bâille surtout autour du sommeil, dans l'heure qui suit le réveil et dans celle qui précède le coucher (Provine, 1987), et en voyant bâiller quelqu'un de proche. Ce n'est pas un manque d'oxygène : en respirer plus ne change rien (Provine, Tate et Geldmacher, 1987). Un bâillement dure en moyenne 5,9 secondes ; sa raison exacte reste discutée.
Schéma simplifié, pas à l'échelle. Les courbes en pointillé sont des estimations faites à partir des études citées ; elles montrent un niveau relatif, de 0 à 100, et les pourcentages des notes sont mesurés.
Pourquoi bâille-t-on ?
Un visage qui bâille, avec la température de son cerveau selon une hypothèse. Choisissez une situation, puis touchez une étiquette du dessin pour savoir ce que c'est.
Sources : moments de la journée et durée (Provine, 1986 et 1987 ; Zilli et coll., 2007) ; oxygène (Provine, Tate et Geldmacher, 1987) ; contagion (Norscia et Palagi, 2011 ; Helt et coll., 2010 ; Bartholomew et Cirulli, 2014) ; température (Massen et coll., 2014 ; Gallup et Eldakar, 2011 ; Gallup et Gallup, 2007) ; cerveau du rat (Shoup-Knox et coll., 2010). Dessin pas à l'échelle ; bâillements raccourcis ; courbes : estimations.
Au clavier : 1 à 3 situations, Espace pause, L ralenti, R recommencer, ← → étape précédente ou suivante.
Questions fréquentes sur le bâillement
Bâille-t-on par manque d'oxygène ?
Non, on ne bâille pas par manque d'oxygène. Des volontaires qui respiraient de l'oxygène pur, ou un air plus chargé en gaz carbonique, ne bâillaient ni plus ni moins ; un effort qui doublait leur respiration ne changeait rien non plus (Provine, Tate et Geldmacher, 1987). Cette idée reste pourtant très répandue.
Pourquoi le bâillement est-il contagieux ?
On ne sait pas encore vraiment pourquoi le bâillement se transmet. Ce qu'on sait : on reprend plus souvent le bâillement d'un proche que celui d'une simple connaissance (Norscia et Palagi, 2011), la contagion apparaît vers 4 ans (Helt et coll., 2010), et chacun garde sa propre tendance, sans lien net avec l'empathie mesurée par des questionnaires (Bartholomew et Cirulli, 2014). Penser au bâillement ou lire sur le sujet suffit aussi à en déclencher (Provine, 1986).
Le bébé bâille-t-il avant la naissance ?
Oui, le bébé bâille déjà dans le ventre de sa mère, dès la 11e semaine de grossesse environ. Chez 32 fœtus de 23 à 31 semaines suivis par échographie, on comptait en moyenne 3,63 bâillements par heure (Menin et coll., 2026). À cet âge, ce n'est pas une contagion : le fœtus ne voit personne bâiller.
Les animaux bâillent-ils aussi ?
Oui, beaucoup d'animaux bâillent, en particulier les mammifères. Chez 19 espèces de mammifères, les bâillements les plus longs allaient avec les cerveaux les plus lourds et les plus riches en neurones (Gallup, Church et Pelegrino, 2016). Chez l'humain, un bâillement dure en moyenne 5,9 secondes (Provine, 1986).
Bâiller très souvent, est-ce grave ?
Le plus souvent, bâiller beaucoup veut dire qu'on manque de sommeil ou qu'on s'ennuie. Certains médicaments peuvent aussi faire bâiller plus. Si l'on bâille beaucoup plus que d'habitude sans raison claire, surtout avec d'autres signes, mieux vaut en parler à un médecin (MedlinePlus).
Vrai ou faux ?
On bâille parce que le corps manque d'oxygène.
Faux. Respirer de l'oxygène pur, ou un air plus chargé en gaz carbonique, ne changeait pas le nombre de bâillements (Provine, Tate et Geldmacher, 1987).
Le bébé bâille déjà avant de naître.
Vrai. Le fœtus bâille dès la 11e semaine de grossesse environ ; entre 23 et 31 semaines, on comptait en moyenne 3,63 bâillements par heure (Menin et coll., 2026).
On reprend plus souvent le bâillement d'un proche que celui d'un inconnu.
Vrai. Le taux de contagion était de 0,85 avec la famille, 0,52 avec les amis, 0,39 avec les connaissances et plus bas encore avec des inconnus (Norscia et Palagi, 2011).
Le contenu de cette page en texte
Les mêmes informations que les graphiques, à lire sans animation : pour chaque graphique, les valeurs aux principaux moments, puis les notes avec leur niveau de preuve.
À quel moment de la journée bâille-t-on le plus ?
Surtout dans l'heure qui suit le réveil et dans celle qui précède le coucher, peu au milieu de la journée. Courbes estimées, pour une journée de 17 heures éveillé.
| Heures depuis le réveil | Personne du matin (pointillé) | Personne du soir (pointillé) | Ce qui se passe |
|---|---|---|---|
| Réveil | 75 | 100 | Au réveil |
| 4 h | 15 | 28 | après le réveil |
| 8 h | 11 | 14 | après le réveil |
| 12 h | 16 | 15 | après le réveil |
| Coucher | 95 | 88 | Au coucher |
Ce qu'il faut savoir
- Le pic du réveil (Jusqu’à 1 h 01 après le réveil, Démontré chez l'humain)
Des étudiants ont noté leurs bâillements pendant une semaine : on bâillait le plus dans l'heure qui suit le réveil et dans l'heure qui précède le coucher. Au réveil, on s'étire aussi souvent en bâillant. Source : Provine, Hamernik et Curchack, « Yawning: relation to sleeping and stretching in humans », Ethology, 1987 - Environ 6 secondes (Toute la journée, Démontré chez l'humain)
Un bâillement dure en moyenne 5,9 secondes. Chez des personnes à qui l'on demandait de penser à bâiller, il passait environ 68 secondes entre deux bâillements : y penser, ou lire sur le sujet, suffit à faire bâiller. Source : Provine, « Yawning as a stereotyped action pattern and releasing stimulus », Ethology, 1986 - Les personnes du soir, au matin (Jusqu’à 6 h après le réveil, Démontré chez l'humain)
Chez 16 adultes suivis 3 jours, les personnes du soir bâillaient plus que celles du matin, surtout le matin ; chez tous, les bâillements augmentaient à l'approche du coucher. Source : Zilli, Giganti et Salzarulo, « Yawning in morning and evening types », Physiol Behav, 2007 - Pas pour l’oxygène (De 4 h à 14 h après le réveil, Démontré chez l'humain)
Respirer de l'oxygène pur, ou un air plus chargé en gaz carbonique, ne changeait pas le nombre de bâillements. Un effort qui doublait la respiration non plus : bâiller ne sert pas d'abord à respirer. Source : Provine, Tate et Geldmacher, « Yawning: no effect of 3-5% CO2, 100% O2, and exercise », Behav Neural Biol, 1987 - Avant même la naissance (Toute la journée, Démontré chez l'humain)
Le fœtus bâille dès la 11e semaine de grossesse. Chez 32 fœtus de 23 à 31 semaines, on comptait en moyenne 3,63 bâillements par heure. Source : Menin et coll., « Fetal yawning and mouth openings: Frequency, developmental trends, and association with birth weight », PLoS One, 2026 - Courbes estimées (Toute la journée, Hypothèse)
Les moments de la journée viennent des études ; la hauteur des courbes est une estimation, pour comparer les deux profils.
Pourquoi bâille-t-on quand quelqu’un bâille ?
Le bâillement se « transmet » surtout entre proches : plus souvent et plus vite avec la famille qu'avec de simples connaissances. Courbes estimées, en part des bâillements repris.
| Heures depuis le réveil | Famille (pointillé) | Amis (pointillé) | Connaissances (pointillé) | Ce qui se passe |
|---|---|---|---|---|
| Bâillement vu | 0 | 0 | 0 | Au moment où l’on voit bâiller |
| 1 min | 68 | 40 | 17 | après avoir vu bâiller |
| 2 min | 80 | 49 | 30 | après avoir vu bâiller |
| 3 min | 85 | 52 | 39 | après avoir vu bâiller |
| 4 min | 85 | 52 | 39 | après avoir vu bâiller |
| 5 min | 85 | 52 | 39 | après avoir vu bâiller |
Ce qu'il faut savoir
- Plus on est proche, plus on bâille (Tout au long, Démontré chez l'humain)
Chez 109 adultes observés dans leur vie de tous les jours, le taux de contagion était de 0,85 avec la famille, 0,52 avec les amis et 0,39 avec les connaissances, et plus bas encore avec des inconnus. Ni le sexe ni la nationalité ne changeaient ce résultat. Source : Norscia et Palagi, « Yawn contagion and empathy in Homo sapiens », PLoS One, 2011 - Plus lent avec les moins proches (De 1 à 3 min, Démontré chez l'humain)
Les bâillements repris étaient comptés pendant 3 minutes. Avec des connaissances ou des inconnus, la réponse arrivait aussi plus tard. Source : Norscia et Palagi, « Yawn contagion and empathy in Homo sapiens », PLoS One, 2011 - À partir de 4 ans (Tout au long, Démontré chez l'humain)
Chez 120 enfants de 1 à 6 ans, la contagion du bâillement augmentait nettement à 4 ans. Source : Helt et coll., « Contagious yawning in autistic and typical development », Child Dev, 2010 - Moins avec l’âge, mais surtout selon chacun (Tout au long, Démontré chez l'humain)
Chez 328 personnes, on bâillait moins par contagion en vieillissant, mais l'âge n'expliquait que 8 % des différences. Chacun gardait sa propre tendance d'une fois à l'autre, sans lien net avec l'empathie. Source : Bartholomew et Cirulli, « Individual variation in contagious yawning susceptibility is highly stable and largely unexplained by empathy or other known factors », PLoS One, 2014 - Pourquoi la contagion ? (Tout au long, Hypothèse)
Un lien avec l'empathie est souvent proposé, puisque la contagion suit la proximité ; mais d'autres travaux ne le retrouvent pas. La question reste ouverte. - Courbes estimées (Tout au long, Hypothèse)
Les taux à 3 minutes viennent de l'étude citée ; la forme des courbes avant 3 minutes est une estimation.
Bâille-t-on plus quand il fait chaud ou froid ?
On bâille moins par grand froid et par forte chaleur, plus quand il fait doux : une « fenêtre » de température. Courbe estimée à partir de deux études, en part des passants qui bâillent en voyant bâiller.
| Heures depuis le réveil | Passants qui bâillent en voyant bâiller (pointillé) | Ce qui se passe |
|---|---|---|
| 0 °C | 15 | dehors |
| 10 °C | 32 | dehors |
| 20 °C | 43 | dehors |
| 30 °C | 36 | dehors |
| 40 °C | 20 | dehors : presque la température du corps |
Ce qu'il faut savoir
- Le froid freine le bâillement (Jusqu’à 20 °C, Démontré chez l'humain)
Chez 120 passants à Vienne, 18,3 % disaient avoir bâillé en voyant bâiller par 1,4 °C, en hiver, contre 41,7 % par 19,4 °C, en été. Source : Massen et coll., « A thermal window for yawning in humans: yawning as a brain cooling mechanism », Physiol Behav, 2014 - La forte chaleur aussi (À partir de 20 °C, Démontré chez l'humain)
Dans une ville du désert aux États-Unis, 45 % des passants bâillaient en regardant des photos de bâillements en hiver, vers 22 °C, contre 24 % au début de l'été, vers 37 °C. Source : Gallup et Eldakar, « Contagious yawning and seasonal climate variation », Front Evol Neurosci, 2011 - Respirer par le nez, front au frais (À toutes les températures, Démontré chez l'humain)
Dans un essai, environ 48 % des personnes bâillaient en voyant bâiller en respirant normalement ou par la bouche, aucune en respirant par le nez. Avec une compresse froide sur le front, 9 % bâillaient, contre 41 % avec une compresse tiède ou chaude. Source : Gallup et Gallup, « Yawning as a brain cooling mechanism: nasal breathing and forehead cooling diminish the incidence of contagious yawning », Evol Psychol, 2007 - Chez le rat, le cerveau se refroidit (À toutes les températures, Observé chez l'animal)
Chez des rats, la température du cerveau montait juste avant un bâillement, puis redescendait après. Source : Shoup-Knox et coll., « Yawning and stretching predict brain temperature changes in rats », Front Evol Neurosci, 2010 - Grand cerveau, long bâillement (À toutes les températures, Observé chez l'animal)
Chez 19 espèces de mammifères, les bâillements les plus longs allaient avec les cerveaux les plus lourds et les plus riches en neurones. Source : Gallup, Church et Pelegrino, « Yawn duration predicts brain weight and cortical neuron number in mammals », Biol Lett, 2016 - Refroidir le cerveau ? Une hypothèse (À toutes les températures, Hypothèse)
Ces résultats vont dans le sens d'un bâillement qui rafraîchit le cerveau, mais cela reste une hypothèse ; d'autres pistes, comme rester éveillé ou un signal entre proches, sont discutées. - Courbe estimée (À toutes les températures, Hypothèse)
Les quatre points mesurés viennent de deux études faites dans des villes et des saisons différentes ; la courbe qui les relie est une estimation.
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Metabolive. « Pourquoi bâille-t-on ? ». Mis à jour le 29 octobre 2026. https://metabolive.com/fr/cerveau/baillement.
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