Vaut-il mieux respirer par le nez ou par la bouche ?
Au repos et la nuit, respirer par le nez est mieux : le nez réchauffe et humidifie l'air, retient les poussières, et la bouche reste humide. Par la bouche, on perd 42 % d'eau de plus en expirant (Svensson, 2006). À l'effort, ouvrir la bouche est normal : au-delà d'environ 35 litres d'air par minute, la plupart des adultes respirent par les deux (Niinimaa, 1981).
Schéma simplifié chez un adulte en bonne santé. Les courbes en pointillé sont des estimations faites à partir des moyennes publiées.
Que fait le nez que la bouche ne fait pas ?
Une tête vue en coupe. Chaque point est un peu d'air : bleu quand il est froid, orange quand il est chaud. Par le nez, l'air passe entre des replis chauds et humides, les cornets, et arrive vers 34 °C au fond du nez. Par la bouche, il va tout droit et se réchauffe moins. Touchez un rôle du nez, à droite, pour le voir sur le dessin.
Sources : température dans le nez, environ 34 °C au fond (Keck, Laryngoscope, 2000) ; le nez réchauffe l'air 1,5 fois mieux que la bouche (Paczesny, Otolaryngol Pol, 2007) ; 42 % d'eau perdue en plus par la bouche (Svensson, Rhinology, 2006) ; bascule vers la bouche vers 35 L/min (Niinimaa, Respir Physiol, 1981) ; pH de la bouche la nuit (Choi, J Oral Rehabil, 2016) ; ronflement et pauses respiratoires (Fitzpatrick, Eur Respir J, 2003) ; monoxyde d'azote 15 fois plus en fredonnant (Weitzberg et Lundberg, Am J Respir Crit Care Med, 2002). Température de l'air par la bouche et rôle de filtre : estimations sans chiffre mesuré ici (à vérifier).
Au clavier : 1 à 5 la situation, Espace pause, L ralenti, Échap enlève le rôle choisi.
Questions fréquentes sur la respiration par le nez ou par la bouche
Pourquoi vaut-il mieux respirer par le nez ?
Respirer par le nez réchauffe, humidifie et filtre l'air avant qu'il n'arrive aux poumons. À la fin de l'inspiration, l'air atteint déjà environ 34 °C au fond du nez (Keck, 2000), et le nez le réchauffe environ 1,5 fois mieux que la bouche (Paczesny, 2007). En expirant, il reprend une partie de l'eau : par la bouche, on en perd 42 % de plus (Svensson, 2006). Le nez ajoute aussi à l'air un peu de monoxyde d'azote fabriqué par les sinus (Lundberg, 1995).
Est-ce grave de dormir la bouche ouverte ?
Dormir la bouche ouverte n'est pas grave en soi, mais cela sèche la bouche et favorise le ronflement. Chez 10 volontaires, la bouche était plus acide la nuit en respirant par la bouche : pH moyen 6,6 contre 7,0, et par moments sous 5,5, le seuil où l'émail des dents commence à se dissoudre (Choi, 2016). Chez 12 adultes en bonne santé, dormir en respirant par la bouche faisait passer les pauses respiratoires de 1,5 à 43 par heure (Fitzpatrick, 2003). Des ronflements forts avec des pauses, ou une grande fatigue le jour, méritent d'en parler à un médecin.
Faut-il se scotcher la bouche pour dormir ?
Se scotcher la bouche la nuit n'est pas recommandé : les preuves sont faibles et il y a un risque si le nez se bouche. Une revue de 2025 a réuni 10 études et 213 patients, toutes de faible qualité ; seules 2 montraient un petit bénéfice, chez des personnes ayant une apnée du sommeil légère (Rhee et al., PLOS ONE, 2025). Les auteurs mettent en garde contre un risque d'étouffement quand le nez est bouché. Mieux vaut chercher pourquoi on respire par la bouche : nez bouché, allergie, grosses amygdales.
Faut-il respirer par le nez ou par la bouche en courant ?
En courant doucement, on peut respirer par le nez ; quand l'effort monte, ouvrir la bouche est normal. Chez 20 adultes sur 30, la bouche s'ouvrait vers 35 litres d'air par minute, et à 90 litres la bouche portait 61 % de l'air (Niinimaa, 1981). Bouche fermée, le débit d'air maximal baissait beaucoup plus que la consommation d'oxygène maximale, mais tous les participants pouvaient encore s'entraîner en endurance (Morton, 1995). Pour un effort intense, la bouche aide.
Pourquoi a-t-on toujours une narine plus bouchée que l'autre ?
Avoir une narine plus bouchée que l'autre est normal : c'est le cycle nasal, présent chez environ 70 à 80 % des adultes (Pendolino, 2018). Les vaisseaux de chaque côté gonflent puis dégonflent tour à tour. Chez 33 personnes suivies 24 heures, un cycle durait environ 2 heures éveillé et 4 h 30 endormi, et se coucher sur un côté ouvrait la narine du dessus (Kahana-Zweig, 2016). Si un côté reste bouché tout le temps, il vaut mieux consulter.
Un enfant qui respire par la bouche, faut-il s'inquiéter ?
Un enfant qui respire souvent par la bouche, surtout la nuit, mérite d'en parler à son médecin. Selon les études, 11 à 56 % des enfants respirent par la bouche, le plus souvent à cause de grosses végétations, de grosses amygdales ou d'une allergie du nez (Zhang, Front Public Health, 2024). Sur la durée, cela est associé à des otites, des apnées du sommeil, un palais étroit et un visage plus allongé. Traiter la cause permet souvent de retrouver une respiration par le nez.
Vrai ou faux ?
L'air froid arrive froid dans les poumons.
Faux. Quel que soit le chemin, l'air est presque à 37 °C et saturé d'eau en arrivant au fond des poumons. Par le nez, il atteint déjà 34 °C au fond des fosses nasales (Elad, 2008 ; Keck, 2000).
Fredonner fait sortir l'air des sinus.
Vrai. En fredonnant, l'air des sinus se renouvelle bien plus vite : on mesure environ 15 fois plus de monoxyde d'azote dans le nez (Weitzberg et Lundberg, 2002).
Tout le monde respire par le nez au repos.
Faux. Sur 30 adultes, 4 respiraient par la bouche même au repos, et seulement 5 restaient toujours par le nez, même pendant l'effort (Niinimaa, 1981).
Le contenu de cette page en texte
Les mêmes informations que les graphiques, à lire sans animation : pour chaque graphique, les valeurs aux principaux moments, puis les notes avec leur niveau de preuve.
Quand la bouche prend-elle le relais ?
Plus on respire fort, plus le nez freine l'air. À partir d'un certain débit, la bouche s'ouvre et les deux se partagent le travail. Glissez sur le débit d'air.
| Débit d'air, heures de sommeil ou trajet de l'air | Part de l'air par le nez (%) | Part de l'air par la bouche (%) | Air qui passe par le nez (L/min) (pointillé) | Ce qui se passe |
|---|---|---|---|---|
| 0 L/min | 100 | 0 | 0 | (au repos, ordre de grandeur) : 100 % par le nez, 0 % par la bouche, soit 0 L/min par le nez |
| 20 L/min | 100 | 0 | 20 | (marche tranquille, ordre de grandeur) : 100 % par le nez, 0 % par la bouche, soit 20 L/min par le nez |
| 40 L/min | 55 | 45 | 22 | (marche rapide ou footing léger, ordre de grandeur) : 55 % par le nez, 45 % par la bouche, soit 22 L/min par le nez |
| 60 L/min | 46 | 54 | 28 | (course, ordre de grandeur) : 46 % par le nez, 54 % par la bouche, soit 28 L/min par le nez |
| 80 L/min | 41 | 59 | 33 | (effort intense, ordre de grandeur) : 41 % par le nez, 59 % par la bouche, soit 33 L/min par le nez |
| 100 L/min | 37 | 63 | 37 | (effort intense, ordre de grandeur) : 37 % par le nez, 63 % par la bouche, soit 37 L/min par le nez |
Ce qu'il faut savoir
- Le nez suffit au repos (Jusqu'à 35 L/min, Démontré chez l'humain)
Chez 20 adultes sur 30, tout l'air passait par le nez jusqu'à 35 litres par minute en moyenne, avec de grosses différences d'une personne à l'autre. Au repos, on en respire environ 6. Source : Niinimaa, Cole, Mintz et Shephard, « Oronasal distribution of respiratory airflow », Respir Physiol, 1981 - La bouche s'ouvre (De 35 à 45.01 L/min, Démontré chez l'humain)
Juste après la bascule, le nez porte encore 57 % de l'air. À 45 L/min, nez et bouche font moitié moitié. Source : Niinimaa, Cole, Mintz et Shephard, « Oronasal distribution of respiratory airflow », Respir Physiol, 1981 - À fond, la bouche fait le plus gros (Au-delà de 45 L/min, Démontré chez l'humain)
À 90 L/min, 61 % de l'air passe par la bouche. Le nez continue de travailler : il porte encore plus de 30 litres par minute. Source : Niinimaa, Cole, Mintz et Shephard, « Oronasal distribution of respiratory airflow », Respir Physiol, 1981 - Tout le monde n'est pas pareil (Tout au long, Démontré chez l'humain)
Sur les 30 adultes, 5 respiraient toujours par le nez, 4 par la bouche même au repos, et 1 changeait sans règle. Source : Niinimaa, Cole, Mintz et Shephard, « Oronasal distribution of respiratory airflow », Respir Physiol, 1981 - Le nez seul limite l'effort maximal (Au-delà de 55 L/min, Démontré chez l'humain)
Bouche fermée, le débit d'air maximal baisse beaucoup plus que la consommation d'oxygène maximale. Tous les participants pouvaient pourtant atteindre une intensité d'entraînement en endurance. Source : Morton et al., « Comparison of maximal oxygen consumption with oral and nasal breathing », Aust J Sci Med Sport, 1995
Bouche ouverte la nuit : la bouche devient plus acide
En dormant la bouche ouverte, la salive sèche et la bouche devient plus acide. La courbe montre le pH, de 3 (très acide) en bas à 8 en haut.
| Débit d'air, heures de sommeil ou trajet de l'air | pH de la bouche, bouche fermée (pointillé) | pH de la bouche, bouche ouverte (pointillé) | Seuil où l'émail se dissout (pH 5,5) | Ce qui se passe |
|---|---|---|---|---|
| Coucher | 86 | 86 | 50 | Au coucher : pH de la bouche environ 7,3 bouche fermée, 7,3 bouche ouverte (forme estimée) ; l'émail commence à se dissoudre sous 5,5 |
| 2 h | 81 | 75 | 50 | Après 2 h 00 : pH de la bouche environ 7,0 bouche fermée, 6,8 bouche ouverte (forme estimée) ; l'émail commence à se dissoudre sous 5,5 |
| 4 h | 78 | 70 | 50 | Après 4 h 00 : pH de la bouche environ 6,9 bouche fermée, 6,5 bouche ouverte (forme estimée) ; l'émail commence à se dissoudre sous 5,5 |
| 6 h | 76 | 67 | 50 | Après 6 h 00 : pH de la bouche environ 6,8 bouche fermée, 6,3 bouche ouverte (forme estimée) ; l'émail commence à se dissoudre sous 5,5 |
| 8 h | 76 | 66 | 50 | Après 8 h 00 : pH de la bouche environ 6,8 bouche fermée, 6,3 bouche ouverte (forme estimée) ; l'émail commence à se dissoudre sous 5,5 |
Ce qu'il faut savoir
- 6,6 au lieu de 7,0 (Toute la nuit, Démontré chez l'humain)
Chez 10 volontaires, le pH moyen de la bouche pendant le sommeil était de 6,6 en respirant par la bouche, contre 7,0 en respirant par le nez, et 7,3 dans la journée. Source : Choi et al., « Intraoral pH and temperature during sleep with and without mouth breathing », J Oral Rehabil, 2016 - Par moments, sous le seuil de l'émail (Après 3 h, Démontré chez l'humain)
Bouche ouverte, le pH est descendu par moments jusqu'à 3,6. L'émail des dents commence à se dissoudre sous 5,5. La température de la bouche, elle, ne changeait pas. Source : Choi et al., « Intraoral pH and temperature during sleep with and without mouth breathing », J Oral Rehabil, 2016 - Le nez fermé fait ronfler (Toute la nuit, Démontré chez l'humain)
Chez 12 adultes en bonne santé, dormir en respirant par la bouche (nez bouché) multipliait par 2,4 la résistance de la gorge et faisait passer les pauses respiratoires de 1,5 à 43 par heure. Source : Fitzpatrick et al., « Effect of nasal or oral breathing route on upper airway resistance during sleep », Eur Respir J, 2003 - La forme des courbes est estimée (Toute la nuit, Hypothèse)
L'étude donne des moyennes sur la nuit. La baisse progressive dessinée ici est une estimation.
Le nez réchauffe l'air mieux que la bouche
L'air qui entre est réchauffé et humidifié en chemin. Le nez, avec ses replis, le fait mieux et plus tôt. Glissez de l'entrée jusqu'aux bronches, dans une pièce à 22 °C.
| Débit d'air, heures de sommeil ou trajet de l'air | Air inspiré par le nez (°C) | Air inspiré par la bouche (°C, estimation) (pointillé) | Ce qui se passe |
|---|---|---|---|
| 0 cm | 12 | 12 | 0,0 cm à l'entrée (narines ou lèvres) : air à 22,0 °C par le nez, 22,0 °C par la bouche (estimation) |
| 5 cm | 65 | 28 | 5,0 cm entre les cornets du nez : air à 31,0 °C par le nez, 24,8 °C par la bouche (estimation) |
| 10 cm | 82 | 59 | 10,0 cm dans l'arrière-nez : air à 34,0 °C par le nez, 30,0 °C par la bouche (estimation) |
| 15 cm | 88 | 71 | 15,0 cm dans la gorge : air à 35,0 °C par le nez, 32,0 °C par la bouche (estimation) |
| 20 cm | 94 | 82 | 20,0 cm dans la trachée : air à 35,9 °C par le nez, 34,0 °C par la bouche (estimation) |
| 25 cm | 97 | 92 | 25,0 cm dans les bronches : air à 36,6 °C par le nez, 35,6 °C par la bouche (estimation) |
| 30 cm | 100 | 100 | 30,0 cm dans les bronches : air à 37,0 °C par le nez, 37,0 °C par la bouche (estimation) |
Ce qu'il faut savoir
- La valve du nez chauffe le plus (Jusqu'à 5.01 cm, Démontré chez l'humain)
Mesuré chez 50 volontaires : la température monte surtout dans les premiers centimètres, au niveau de la valve, le passage le plus étroit du nez. Source : Keck, Leiacker, Riechelmann et Rettinger, « Temperature profile in the nasal cavity », Laryngoscope, 2000 - Environ 34 °C dans l'arrière-nez (De 8 à 12.01 cm, Démontré chez l'humain)
À la fin de l'inspiration, l'air atteint environ 34 °C au fond du nez, avant même la gorge. Source : Keck, Leiacker, Riechelmann et Rettinger, « Temperature profile in the nasal cavity », Laryngoscope, 2000 - 1,5 fois mieux que la bouche (De 5 à 18.01 cm, Démontré chez l'humain)
Chez 30 adultes à 22 °C, le nez réchauffait l'air inspiré environ 1,5 fois mieux que la bouche, et récupérait environ 3 fois plus de chaleur de l'air expiré. Source : Paczesny et al., « Air temperature measurements in nasal cavities and oral cavity », Otolaryngol Pol, 2007 - 42 % d'eau perdue en plus (Au-delà de 0 cm, Démontré chez l'humain)
En expirant par la bouche, on perd 42 % d'eau de plus que par le nez (19 volontaires au repos) : le nez reprend une partie de l'humidité au passage. Source : Svensson et al., « Increased net water loss by oral compared to nasal expiration in healthy subjects », Rhinology, 2006 - 37 °C et air saturé au fond (Au-delà de 18 cm, Démontré chez l'humain)
Quel que soit le chemin, l'air arrive dans les poumons presque à 37 °C et saturé d'eau. Le nez fait la plus grosse part du travail, la gorge et la trachée finissent. Source : Elad, Wolf et Keck, « Air-conditioning in the human nasal cavity », Respir Physiol Neurobiol, 2008
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Metabolive. « Vaut-il mieux respirer par le nez ou par la bouche ? ». Mis à jour le 29 octobre 2026. https://metabolive.com/fr/effort-stress/nez-ou-bouche.
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